…mais écrire, c’est réaliser

Non, non, tu crées une histoire, tu es scénariste

Non.

Enfin oui, aussi. Mais là, on va dire non.

Le scénario, c’est le squelette de ton intrigue, avec les points importants ; derrière, il y a le choix des ambiances, des intonations et du découpage. Et ça, c’est un boulot de réalisateur.

Alors oui, au final, sachant que tu es généralement tout seul sur ton livre, tu fais les 2 boulots, mais l’essentiel des écrivains va séparer les 2. Question de santé mentale.

Car bien sûr, tu peux faire le choix de laisser pousser et de voir où te mène ton intrigue, certains auteurs travaillent comme ça (je fais ça souvent, ici, cf. la suite de l’article). Mais si tu fais pas gaffe, tu te retrouves avec ce que les professionnels n’appellent pas une Hydre (mais moi j’aime l’image). Un truc bordélique sur lequel faire des coupes peut s’avérer épuisant, engendrant de multiples corrections à apporter à l’histoire et des disputes entre intrascénariste et intraréalisateur.

C’est pourtant l’image la plus fréquente que l’on a des écrivains. Il s’assoient devant leur machine à écrire ou leur ordinateur, et commencent à taper comme ça leur vient. Mais franchement, même en dehors du cadre créatif, qui travaille comme ça ? Pour un truc court, oui, mais à part ça… « Alors, les enfants, on va faire des maths : 101 x 15 = 1515 ; comme la date de la bataille de Marignan ; Marignan que l’on prononce « Marignane » car c’est une ville en Italie ; parli italiano? »

Le truc, c’est que jusqu’à ce qu’on y soit, on voit rarement des gens travailler. (Là c’est con, je viens de me rendre compte que pour la journée internationale des écrivains non publiés, j’aurais dû proposer une séance de travail commun pour réseauter entre losers.) Il faut bien l’avouer, on apprend une grande part de la vie adulte par la fiction, et dans la fiction, on s’intéresse rarement au travail des protagonistes. Parce que c’est chiant. </hors sujet>
Donc voilà, à peu près, mes « outils » de travail (quand je travaille) :

– Une chronologie succinte (les évènements majeurs de l’intrigue et des sous-arcs) ;
– Une chronologie détaillée (tout : date de naissances, de mort, des tournants de la vie, de guerres etc.) ;
– Des fiches de personnages (le plus complet possible pour vos besoins, la cohérence est nécessaire) :

– Nom ;
– Apparence physique ;
– Personnalité (au moins qualité/défaut) ;
– Armes/Pouvoirs/Connaissances particulières ;
– Objectif(s) ;
– Biographie.

– Des paragraphes que j’ai écrit à la volée et que je vais essayer de placer ;
– (Quelques dessins ; )
– Des gens à qui raconter mon histoire et qui me répondent « fous-moi la paix, tu parles toujours de la même chose, tu ferais mieux de l’écrire ». (Très important.)

Et tout ça constitue le scénario et le storyboard. Mais il n’y a presque rien de véritablement écrit. J’avais raison.

Il faut maintenant passer à la phase de réalisation. C’est là que ça se complique. À demain.

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2 commentaires pour …mais écrire, c’est réaliser

  1. RiyeT dit :

    Perso, bosser comme ça c’est une façon certaine pour moi de ne jamais passer à la réalisation justement. Je trouve ça assez vrai par contre quand on s’attaque à des oeuvres de SF ou de fantasy parce que tout est à construire de A à Z.
    Moi, perso, je jette les bases et le pitch dans les premiers chapitres, ensuite je me pose pour jauger le potentiel du machin. Si ça fera une nouvelle ou carrément un manuscrit. Je planifie les évènements principaux, et note les éléments de l’ambiance et du style qu’il faut garder à l’esprit (une ligne éditoriale en somme). Et puis ensuite roulez jeunesse au gré de l’inspiration. Du freestyle encadré, un solo de trompette dans un morceau de jazz.

    • Last Equinoxx dit :

      Justement, je n’écris rien 😛
      Mais bon, la plupart de mes trucs, c’est justement de la littérature de l’imaginaire, donc je suis bien obligé de tramer un max. Y’a juste 1 projet et demi pour lesquels je ferai pas ça, mais c’est parce que ce sont des suites de courts textes (mais je vais quand même essayer de trouver une orientation avant de me lancer).

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