…mais j’en veux à ma mère

Oui, je me suis dit que pour le Fête des mères, j’allais esquiver le mielleux requis et, psychothérapie oblige, mal parler de ma mère.

Lorsqu’elle était à l’école, ma mère était plutôt bonne élève. Mais son rêve était de faire une école de coiffure. (C’est pas ça que je critique.)

Mes grands-parents s’y opposèrent, ainsi que ses professeurs, souhaitant qu’elle exploite au maximum son potentiel. Mais comme dit le sage : Ce sont nos choix […] qui montrent ce que nous sommes vraiment, beaucoup plus que nos aptitudes. Donc elle a fait la seule chose logique : elle s’est sabordée. Grosse chute des notes jusqu’à envisager un redoublement (qu’elle a même obtenu, si je me souviens bien). (C’est toujours pas ça que je critique.)

Et donc on l’a autorisé à faire une école de coiffure.

Flash-forward de quelques années. Ma mère est en couple avec mon père, elle a fini son école… Enfin, pas tout à fait. Elle a son CAP et donc les compétences pour être coiffeuse mais n’est pas allée jusqu’au brevet professionnel qui lui aurait permis d’ouvrir son propre salon. Mais c’est pas grave puisque de toute façon, après quelques années comme employée d’un salon de coiffure, elle a arrêté pour être femme au foyer et mère de famille.

Alors oui, c’est beau, elle a sacrifié son rêve de jeune fille pour quelque chose de plus beau : l’amour et la famille.

Mais comme disait Françoise (et Leslie, plus tard) : l’amour ne dure pas toujours.

Et donc ma mère s’est retrouvée avec un trou dans son CV, et l’absence d’expérience qui va avec, l’impossibilité d’ouvrir son propre salon (même si j’ai conscience que c’est sûrement l’aspect financier de la chose qui a eu du poids) et un rêve desséché.

Alors voilà, maman, je regrette que tu aies gâché du potentiel pour une ambition qui aura à son tour été jetée aux orties, une grosse dizaine d’années plus tard. Je t’aime mais je crois qu’au fond, je t’en veux de ne pas avoir été infaillible ; ce qui est idiot bien sûr.

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Un commentaire pour …mais j’en veux à ma mère

  1. yelahee dit :

    Surtout quand c’est nos parents, on aimerait tellement qu’ils soient heureux comme eux le sont pour nous. C’est un article assez émouvant, parce qu’il témoigne aussi un peu de cette différence qu’il y’a eu et a encore entre les hommes et les femmes : les unes sont/ont été forcées au sacrifice par la société.

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