…mais un petit pouvoir implique aussi des responsabilités

Il y a environ 2 semaines, une jeune femme nous a abordé, ma bande de potes et moi, car l’un d’entre nous fumait et qu’elle voulait lui taxer une clope. Manque de bol, c’était sa dernière. Du coup, j’ai posé ma main sur son épaule et je lui ai dit « vous n’aviez plus vraiment envie de fumer, de toute façon… ». Après un petit moment de flottement, elle a répondu d’un air détendu « oui, c’est vrai » et est repartie.

Si je vous raconte ça, c’est parce qu’hier, je l’ai revue avec ce que j’ai supposé être des amies à elles, 2 ou 3 d’entre elles fumaient mais pas la demoiselle en question. Nos regards se sont croisés et, même si je pense qu’elle ne m’a pas reconnu, j’ai senti qu’elle n’avait plus refumé depuis.

Ce n’est pas la première fois que je m’aventure à utiliser cette petite capacité pour assainir la vie de quelqu’un mais je me pose généralement cette question ensuite : avais-je le droit, sous prétexte que c’était pour son bien, d’altérer le fonctionnement de la psyché d’une personne à son insu ? À l’insu ou pas, d’ailleurs, c’est une question récurrente ; une modification externe du fonctionnement cérébral d’une personne n’est-elle pas équivalente à la « mort » de cette entité pour la remplacer par une autre ? Prenez ça comme une emphase, si vous le voulez, mais c’est parfois une question que je me pose. Certes, si l’on pousse le raisonnement à fond, on peut se dire que chaque évènement qui nous arrive nous tue pour nous remplacer par un autre, mais ça n’est pas dans un rapport de domination humaine…

Car, plus inquiétant encore, pourquoi continué-je si je persiste à m’en vouloir après coup ? Cette impulsion est-elle motivée par un souhait d’améliorer la vie de quelqu’un ou par le désir de manipuler ce qui peut l’être ? Ne suis-je pas moi-même manipulé par mon propre inconscient ? Je sens parfois mon pouvoir m’échapper, quand les gens s’écartent de mon chemin à leur propre insu, sans que je ne les ai consciemment poussés, ou quand naissent en eux de petites bouffées d’angoisse après une incivilité à mon encontre… J’aime la communication non verbale, mais sur un pied d’égalité ; mon subconscient, lui, reste un animal dont le but est d’être un chef de meute, que je le veuille ou non. Et il est de ma responsabilité de le tenir au pas.

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